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Démissions d’enseignant-es : un rapport qui révèle un malaise plus profond

mardi 24 janvier 2017
Mis à jour le mardi 24 janvier 2017

D’après un récent rapport sénatorial, on constate « Une progression inquiétante des démissions d’enseignants particulièrement dans le premier degré » Un taux passé de 1,08 à 3,18% entre 2012 et 2016. Des chiffres qui interrogent.

« Extrêmement marginales rapportées à l’ensemble des personnels : 0,15 % de la masse salariale », relativisait la ministre lors des traditionnelles questions orales à l’Assemblée nationale le mercredi 11 janvier. Il est vrai que vu sous cet angle, la question des démissions chez les enseignant-es et tout particulièrement les stagiaires peut paraître anecdotique… Et pourtant. Il y a là un phénomène qui interroge. Depuis plusieurs années, le SNUipp-FSU n’a eu de cesse d’alerter sur les conditions de formation et d’entrée dans le métier. L’enquête Harris-Interactive, menée en juin 2016 auprès des professeurs des écoles débutants, témoigne de leur insatisfaction quant aux débuts dans le métier. Une insatisfaction partagée par 40% des personnes interrogées. L’enquête révèle aussi un réel décalage entre la représentation qu’elles se font du métier et sa réalité. Les points négatifs cités sont le plus souvent un temps consacré à la préparation de la classe sous-estimé, la difficulté à gérer la classe, souvent par impréparation aux gestes professionnels, et l’impact sur la vie personnelle d’un métier jugé envahissant. Le syndicat dénonce depuis plusieurs années des conditions d’études éprouvantes pour les stagiaires, qui doivent dans le même temps préparer la classe, leur master, tout en suivant la formation. Il demande une formation d’au moins deux années avec un réel statut de stagiaire et non en responsabilité de classe.

De la reconnaissance

Le SNUipp-FSU alerte aussi sur le sentiment d’isolement vécu par les enseignant-es. Une étude publiée récemment dans la revue ministérielle Éducation et formations relève que l’enseignement reste la profession la plus exposée aux risques psychosociaux. Et ce, notamment chez les professeurs du 1er degré, qui sont, parmi les cadres, ceux qui doivent gérer les plus fortes « exigences émotionnelles » et qui subissent le plus de contraintes de temps et de pression. Il y a urgence à reconnaître un temps pour travailler en équipe, à développer une formation initiale ambitieuse, à restaurer une formation continue exigeante, à alléger les effectifs de classe - comme demandé par 83% des enseignants des écoles - et à faire confiance à des professionnels qui, à bac+5, doivent être enfin considérés comme des concepteurs de leur métier. Ce sont ces améliorations qui sont indispensables pour que les enseignant-es puissent bien faire leur métier et s’y sentent à leur place.

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