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EPLESF : le ministère tente de déminer

vendredi 29 mars 2019
Mis à jour le vendredi 29 mars 2019

Le SNUipp-FSU a été reçu jeudi 28 mars par le cabinet du ministre au sujet de l’article du projet de loi « pour l’école de la confiance » créant les établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux (EPLESF).

La présence remarquée des personnels des écoles dans les cortèges le 19 mars dernier, les multiples actions et réactions qui ont lieu dans de nombreux départements, les préparatifs pour la journée de samedi 30 mars semblent avoir mis la rue de Grenelle sous alerte.
En effet dans les médias mais également dans les rencontres qu’il tient avec les organisations syndicales le ministre est bien obligé de se lancer dans de longues explications de textes pour tenter de calmer une colère qu’il a lui-même provoquée.

Des EPLESF pour quoi faire ?

Le ministère assigne trois objectifs à la création de ces EPLESF : répondre à la volonté de maintien d’un maillage territorial, développer le continuum pédagogique primaire/collège et pérenniser les équipes pédagogiques dans les zones les moins attractives. Il n’a pas pour autant été en mesure de répondre en quoi la création des EPSF permettait de les atteindre, hormis le lien école-collège qu’il justifie notamment par une mutualisation des moyens.
Pour le SNUipp-FSU, cet article du projet de loi, écrit pour les élu-es par des parlementaires téléguidé-es par le cabinet du ministre et ignorant la communauté éducative, dénature et déstructure le premier degré. Le paysage scolaire verrait ainsi cohabiter des écoles avec des statuts différents, incluses ou pas dans un collège, relevant ou pas d’un réseau sous l’égide d’un collège ou fonctionnant comme actuellement.

Un déminage en règle

Le ministère tente de défendre son projet en assurant que le nombre d’EPLESF serait très restreint, que le regroupement physique ne serait pas obligatoire ou que les postes de directions seraient conservés et enfin qu’il sera nécessaire que l’ensemble de la communauté éducative et les élu-es soient d’accord pour le mettre en place, mais sans pouvoir apporter la moindre garantie. Des éléments qui ne sont pas pour l’instant dans le texte qui arrive au Sénat et que le ministère juge lui-même imprécis.
Beaucoup d’autres questions concrètes restent par ailleurs en suspens, le ministère se contentant de les renvoyer aux futurs textes réglementaires : lien avec les familles et les partenaires, hygiène, sécurité, adaptation des locaux, ATSEM, place du conseil des maîtres-ses, du conseil d’école…

Ces incertitudes dévoilent un peu plus combien cette loi " fourre-tout" ne répond pas aux questions posées à l’école. Elles posent en revanche de nombreuses questions et risques de déstabilisation. L’école a besoin d’un autre projet, qui permette de réduire les inégalités et assure la réussite de tous et toutes. C’est ce qui sera exprimé dans les marches de samedi 30 mars dans toute la France puis lors de la journée de grève et mobilisations le jeudi 4 avril pour exiger l’abandon de la loi Blanquer, notamment l’article 6 créant les EPLESF, et imposer un autre projet
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