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Formation des enseignants : une remise à plat nécessaire

mardi 2 septembre 2014
Mis à jour le mardi 2 septembre 2014

La réforme de la formation des enseignants et CPE était indispensable. La formation constitue un des leviers d’évolution de notre système éducatif en quête de réussite de tous les jeunes. Cependant, dès le départ, le SNUipp-FSU dénonçait les conditions de mise en œuvre des ESPE.

Afin de suivre la mise en place de cette réforme, la FSU a mis en place un observatoire de la formation. Or, un an après l’ouverture des Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ÉSPÉ) les remontées recueillies font état d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessiteraient des remises à plat.

  • L’absence d’un cadrage national fort conduit à des inégalités de volumes et de contenus de formation sur le territoire, on peut ainsi constater des différences allant jusqu’à 200h de formation entre les différents masters MEEF de Professeur des écoles.
  • Les moyens alloués ne sont pas à la hauteur de l’ambition affichée.
  • Les conditions de travail des formateurs sont fortement dégradées. Leur nombre n’a pas augmenté malgré la hausse du nombre d’inscrits dans les ESPE. La charge de travail des Professeurs des Ecoles Maîtres Formateurs (PEMF) n’a cessé d’augmenter sans que leur temps de décharge et leur rémunération n’aient suivi.
  • Le temps de service excessif des fonctionnaires stagiaires est incompatible avec une formation réflexive en lien avec la recherche. Qui plus est, la moitié d’entre eux seront à la rentrée en pleine responsabilité devant des élèves sans complément de formation, quand l’autre moitié travaillera à temps plein dans une classe.
  • Les admissibles du concours exceptionnel ont financé eux-mêmes leur formation à l’université. L’aide spécifique aux candidats aux concours de l’enseignement a été supprimée. La rémunération des fonctionnaires stagiaires a évolué à la baisse puisque ces derniers seront recrutés désormais à l’échelon 1 (1284.69 € nets soit 1.1 SMIC) et non à l’échelon 3 comme les générations précédentes.

Dans ce contexte défavorable des conditions de formation, la crise de recrutement perdure et s’amplifie.

Le SNUipp considérait cette première année de la réforme comme transitoire. Il demande une clarification et une harmonisation des contenus et modalités de concours. Le SNUipp revendique une formation en alternance à l’ESPE pour les stagiaires limitée à un tiers-temps devant élèves, y compris pour les lauréats du concours exceptionnel. Les aides spécifiques aux étudiants préparant le concours doivent être rétablies.

Le SNUipp demande des garanties budgétaires, un cadrage national de la formation et une carte nationale des formations afin de garantir l’égalité sur tout le territoire et de répondre aux besoins des étudiants, stagiaires et formateurs.

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