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Formation en ESPE : De grandes disparités

mardi 2 septembre 2014
Mis à jour le jeudi 27 août 2015

Deux ans après la réforme de la formation initiale, force est de constater que le bilan est très insatisfaisant. C’est la conséquence de l’architecture de formation choisie, du manque de cadrage national et du manque d’investissement budgétaire.

Le comité de suivi de la formation et des ESPE pointe d’ailleurs d’importants « points de fragilité » dont de fortes disparités de contenus et de volumes de formation selon les ESPE, la mise en place et le contenu du tronc commun entre premier et second degré, l’organisation des parcours adaptés et leur évaluation pour ceux qui sont déjà titulaires d’un M2 ou qui en sont dispensés, le poids du mi-temps en responsabilité et le cadrage du mémoire que les stagiaires doivent réaliser. Autant de questions abordées au fur et à mesure des urgences dans les ESPE, sans que des réponses satisfaisantes n’aient été apportées.

Disparité des contenus et volumes de formation

Le mi-temps en responsabilité de classe pour les stagiaires pèse lourdement sur le volume de formation à l’ESPE. Mais derrière ce dernier, se cachent de grandes disparités selon les ESPE. Le cahier des charges des accréditations des ESPE ne garantit pas une égale formation de qualité sur tout le territoire. Il est prévu dans les textes entre 450 à 550 heures annuelles pour la première année de master MEEF (métier de l’enseignement, éducation et formation). Or l’écart d’une académie à l’autre pour l’année de master 1 est dans les faits considérable puisque l’on constate un différentiel de 140 heures entre l’ESPE fournissant le plus d’heures de cours et celle en fournissant le moins (ESPE de Limoges 636h de formation, ESPE de Lille 496h de formation). Pour la deuxième année de master MEEF, le volume horaire d’enseignement en présentiel est compris entre 250 à 300 heures mais le constat est le même que pour la 1ère année, les volumes de formation allant de 250h (Amiens) à 360h (Versailles).

Disparité dans la mise en place du tronc commun

« Le tronc commun a vocation à créer une culture partagée par tous et concerne donc l’ensemble des étudiants du master MEEF » précise le site du ministère de l’Éducation nationale. Or dans le rapport du sénat sur la 2ème année des ESPE paru cet été, il est noté « de très fortes disparités dans les volumes horaires entre les différentes composantes de ce tronc commun », avec en particulier « dans certaines ESPE, un morcellement excessif des enseignements du tronc commun et dans d’autres, des modules bien trop généralistes qui ne contribuent pas à la professionnalisation des stagiaires. »

Disparité dans la mise en place des formations adaptées

Ces formations qui concernent les stagiaires déjà titulaires d’un master ou en étant dispensés (parents de 3 enfants, sportifs de haut niveau), soit près de 50% des stagiaires l’année scolaire 2014-2015, se sont révélées très disparates selon les ESPE. Certaines ESPE ont imposé la validation du M2 MEEF à tous les stagiaires, d’autres ont mis en place des DU. Un grand nombre a imposé la rédaction d’un mémoire conditionnant l’obtention de la titularisation alors même que cette exigence n’existait pas dans d’autres ESPE.

Exigences concernant le mémoire du M2 très différentes selon les ESPE

Dans ce domaine aussi, il est apparu de grandes disparités selon les ESPE quant aux exigences envers les stagiaires : sujet du mémoire, nature, modalités d’encadrement et d’évaluation, rôle dans le processus de titularisation pour les stagiaires en parcours adaptés… Comme le note encore une fois le rapport du sénat « une plus grande harmonisation est encore nécessaire » même si « 19 ESPE sur 28 ont élaboré des documents de cadrage de ce mémoire ». Le comité de suivi de la réforme de la formation, qui a reconnu que le mémoire était un point de fragilité, doit prochainement faire des propositions. On peut donc regretter le manque d’anticipation qui a placé bon nombre de stagiaires dans une situation très difficile au cours de cette année scolaire.

Ces nombreux dysfonctionnements ont provoqué surmenage, mécontentements et mobilisations chez les formateurs et les stagiaires (à Créteil, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Poitiers, Grenoble).

Le SNUipp-FSU revendique un cadrage national fort des maquettes de master, indispensable pour garantir une formation initiale des enseignants égale et de qualité sur l’ensemble du territoire.

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