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"L’école de 2012 doit être repensée et reformée"

mardi 28 mai 2013
Mis à jour le lundi 25 février 2013

Éric Favey, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement revient sur les impacts de la loi de refondation de l’école.

- Quelle est votre analyse sur la loi de refondation de l’école ?

  • Il était temps qu’il y ait une loi qui s’attaque véritablement à la refondation de l’école. L’école a été malmenée depuis quelques années et elle a besoin d’être remise d’aplomb. L’école de 2012, celle du siècle qui s’avance doit être repensée et reformée. L’éducation ne s’arrête pas aux portes de l’école. L’éducation est aussi l’affaire des familles. Il s’agit d’une priorité publique qui dépasse l’école, on le voit du point de vue des collectivités territoriales. On peut aussi regretter que l’État ne soit pas plus présent dans une politique de l’enfance et de la jeunesse. On s’aperçoit chaque jour du grand intérêt pour l’éducation et de la grande angoisse dans lesquels sont les parents et les jeunes sur ce qu’il faut apprendre ou pas.

- Comment la Ligue de l’enseignement peut-elle intervenir ?

  • La Ligue de l’enseignement a une histoire particulière avec l’école. Elle fête ses 150 ans. On va se souvenir des étapes de notre histoire et de notre proximité avec l’école.Les militants de l’école ont créé les conditions de l’installation d’une école pour tous et d’une acceptation par les familles de cette école. Après les enfants travailleurs du 19e siècle, les enfants élèves, La ligue souhaite que le 21e ne soit pas le siècle des enfants clients. On souhaite offrir aux enfants et aux jeunes une autre perspective pour grandir que d’être des parts de marché. Dans ce contexte, la loi qui est en préparation, frustrera forcément mais quelle que soit son ampleur, il faudra l’accompagner. C’est la première fonction de la Ligue. Car, une loi a besoin d’une appropriation citoyenne par les enseignants, les personnels de l’école, les parents, les citoyens qui vont avoir la charge de la traduire dans les faits. Une loi doit être un symbole de progrès, d’amélioration des conditions de l’apprentissage des enfants et des enseignants. À ce titre, accompagner une loi est un exercice assez peu compris. Ce n’est pas qu’une question de moyens. Les citoyens sont plus au courant, plus informés. Mais, il ne faut pas les laisser au bord de la route. L’école ne doit pas se débrouiller seule.

- La Ligue a un caractère complémentaire de l’école ?

  • La Ligue se caractérise aussi par son caractère complémentaire, elle accompagne et complète l’école dans un certain nombre d’activités pour développer des relations apaisées. Les associations de la Ligue travaillent à cela avec l’école. On complète aussi l’école dans le temps d’une vie. La scolarité s’est allongée donc, et on le sait on apprend toute sa vie, parce qu’il faut se situer, faire des choix personnels et citoyens. Cela amène à renouveler son stock de culture. C’est notre travail. Nous sommes attentifs à ce que la loi qui est une loi sur l’école, ce que nous regrettons, nous aurions préféré une loi sur l’éducation, situe les responsabilités publiques, de l’état, des collectivités publiques mais aussi de toute la société à l’égard de ce travail qui consiste à permettre aux enfants à s’élever.

- La loi va être centrée sur l’école ?

  • Oui. Principalement. D’ores et déjà, on sait que la modification des rythmes scolaires va avoir des effets sur les rythmes éducatifs et sur l’organisation globale de la vie de l’enfant. On nous annonce aussi le retour d’une véritable formation pour les enseignants. Ce qui met tout le monde d’accord. C’est prioritaire de former des enseignants à leur métier et à devoir combiner leur travail avec celui d’autres professionnels, du monde associatif, des représentants des collectivités, du monde de la culture, de services éducatifs… Il faut aller vers plus de transversalité. Il y a des questions communes à toutes ces préoccupations. La psychologie de l’enfant en est une. De plus en plus, les enseignants seront amenés à se former à d’autres métiers de l’éducation, il faudra donc réfléchir avec ces écoles aux types de métiers. C’est une vraie avancée. Troisième bonne chose, l’inscription des projets éducatifs territoriaux dans la loi. Certaines collectivités territoriales veulent faire autrement que de simplement payer les murs et les personnels accessoires. Des politiques éducatives cohérentes sont encouragées, par les villes du réseau des villes éducatrices par exemple, qui évoquent les projets éducatifs territoriaux. Le fait de les inscrire dans la loi va inciter à un nouvel investissement éducatif. Ces projets doivent s’insérer dans une politique territoriale, permettre un travail en commun, développé avec la population et les jeunes. Les mouvements d’éducation populaire et les mouvements pédagogiques interviennent de longue date dans la promotion et dans la formation. En effet les savoirs-faire développés dans les cadres non formels peuvent être très utiles. À l’inverse il est nécessaire aussi de bien connaître la scolarité des enfants des jeunes et les préoccupations des enseignants pour les combiner avec les nôtres.
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