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Mobiliser des savoirs multiples : 2 questions à Denis Paget

mercredi 25 mars 2020
Mis à jour le mardi 7 avril 2020

Denis Paget, ancien membre du Conseil supérieur des Programmes, est expert en curricula auprès de France Education International (membre de Sorbonne Université)

Comment tisser du lien entre les disciplines ? 
Travailler sur des projets à partir de situations problèmes assez riches me semble le meilleur moyen pour pousser les élèves à mobiliser des savoirs multiples, à condition de sortir des conceptions thématiques qu’on prend en général facilement pour de l’interdisciplinarité. Une situation problème ce peut être un enjeu d’interprétation d’un document textuel ou iconique (ex. la notion de premier plan et d’arrière-plan, des connaissances historiques sur la perspective…) ou la résolution d’une situation géométrique apparemment triviale : comment installer un toboggan équidistant de trois classes dans 3 bâtiments différents ? L’élève et son groupe devront mobiliser des notions, des langages, des instruments qui appartiendront à divers champs du savoir. L’essentiel consistera à travailler cette mobilisation et à la rendre consciente par des activités réflexives. La capacité de l’enseignant à jongler lui-même avec les savoirs est essentielle.

Comment définiriez-vous la culture commune ? 
Cette notion constitue un projet global d’éducation de tous les élèves en partant du principe qu’ils peuvent tous l’acquérir. Elle est constituée des savoirs, capacités et valeurs dont on estime qu’ils sont indispensables pour former la personne et pour l’introduire à la société. C’est elle qui subsume et devrait structurer l’ensemble des savoirs scolaires. Sa définition officielle aujourd’hui s’incarne dans les 5 domaines du socle commun. Accéder à la culture commune ne peut se réaliser sans l’acquisition d’une conscience disciplinaire, c’est-à-dire l’entrée dans des systèmes de pensée qui reposent sur des notions, concepts et savoirs d’action sans lesquels on ne peut accéder à la compréhension du monde. C’est vrai pour les enseignants comme pour les élèves. Mais cette conscience disciplinaire, si elle reste cloisonnée, et n’est pas capable de relier les savoirs entre eux, est de peu d’utilité pour résoudre des problèmes de la vie courante, qui font nécessairement appel à plusieurs langages capables de modéliser ces situations. En général c’est là que les élèves français se révèlent faibles ; c’est pourquoi il faut très tôt faire travailler les élèves pour qu’ils sachent mobiliser des savoirs multiples et pas seulement faire des exercices d’application.

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