Accueil du site > > Les apprentissages par domaines d’enseignement > Langage écrit > Souleymane Mbodj, le griot passeur d’histoires

Souleymane Mbodj, le griot passeur d’histoires

mardi 9 avril 2013
Mis à jour le lundi 28 janvier 2013

Depuis plus de vingt ans Souleymane Mbodj va d’école en école tel un conteur pèlerin. Guitare et djembé sous le bras il transmet des histoires pleines de poésie, de métaphores et de sens cachés. Rencontre.

« Les enfants de l’antilope  », tel est le titre du recueil de contes tout juste publié par Souleymane Bodj chez Rue du monde avec la complicité éclairée de Zaü pour les illustrations. La collaboration entre les deux hommes semblait couler de source. Le premier est d’origine sénégalaise, le second a beaucoup voyagé en Afrique, continent qui a marqué une part de son oeuvre. Ce n’est pas vraiment par hasard que Souleymane Bodj est devenu conteur bien qu’au départ il se soit plutôt destiné à la musique, une orientation qui l’a conduit à venir en France à l’âge de 17 ans, il y a 23 ans donc, et à devenir musicien de studio : « un travail plutôt alimentaire » dit-il aujourd’hui. Alimentaire peut-être mais qui l’a mené à croiser la route d’artistes tels Higelin, Manu Dibango ou encore Michel Petrucciani ce qui a du sens pour lui qui est fan de jazz et participe avec sa guitare à plusieurs formations jazzys. Conteur pas par hasard donc car ses parents étaient eux-mêmes griots à Saint-Louis, cité ilienne du fleuve Sénégal au Nord du pays, officiellement fondée au XVIIe siècle en l’honneur de Louis XIV, ville dont il ne manque pas l’occasion de vanter les charmes.

Aujourd’hui Souleymane consacre entièrement son temps à la narration de contes qu’il accompagne en musique (guitare et djembe), ainsi qu’à des conférences. Son boulot c’est aussi l’écriture pour coucher sur papier des histoires dont la particularité est de relever de la tradition orale, ce qui fait que « beaucoup d’entre elles ont disparu avec l’extinction de certaines langues, alors que le conte est inscrit par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité  ». Depuis plus de vingt ans Souleymane Mbodj multiplie les interventions dans les écoles. « Il faut d’abord raconter le conte aux enfants parce qu’il s’agit d’une histoire humaine ; d’une histoire d’hier, racontée aujourd’hui, pour le lendemain » dit-il. C’est surtout malgré les variantes dues aux contextes géographiques, naturels, historiques ou culturels, des histoires à partager. « Quand je parle de justice, de tolérance, d’amour, de liberté ou d’égalité, ce sont des thèmes universels » soulignet- il. Le conte pour le conte, le conte comme outil de médiation pour entrer dans certains apprentissages, le conte comme vecteur de sens initiatique, philosophique, métaphorique, interculturel, porteur de sens caché donc : « les contes permettent d’avoir une vision universelle du monde, de se rendre compte que les hommes sont partout pareils et que la bêtise n’a jamais de couleur ».

SPIP | |Nous écrire|SNUipp|FSU | Suivre la vie du site RSS 2.0