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Témoignage d’un enseignant en classe coopérative

mardi 17 mars 2020
Mis à jour le lundi 23 mars 2020

Cédric Sèchepine est enseignant à l’école Rosa Bonheur à Nevers dans la Nièvre.

Comment organises-tu ta classe coopérative ?
Enseigner en classe coopérative, c’est d’abord accepter de ne pas tout diriger. L’élève est concepteur de sa classe. La place de la parole, de l’écoute est primordiale. La classe est organisée en différents espaces : coin informatique, coin bibliothèque (dictionnaires, règles de français / mathématiques…), grandes tables pour l’entraide, coins sciences /observation/arts.
Les élèves peuvent se déplacer librement, travailler avec d’autres, à condition de respecter les règles de vie et la tranquillité de leurs camarades.

Quels conseils donnerais-tu pour mettre en place une classe coopérative ?
L’idéal serait que l’école fonctionne en classes coopératives. Pour un collègue qui entre dans le métier et qui a une multitude de difficultés à surmonter, je déconseille de tout mettre en place les premières années. Par contre, il est possible d’introduire certains fonctionnements coopératifs : moments d’expressions et d’écoute (« Quoi de neuf ? » *, correspondance, textes libres,…), tutorat, messages clairs, conseils de classe…

Quelles seraient les ressources pédagogiques à utiliser ?
« Apprendre avec les pédagogies coopératives. Démarches et outils pour l’école. » de Sylvain Connac, un livre indispensable qui chamboule nos pratiques. Le site de l’ICEM est également une mine d’informations. L’OCCE permet de se lancer dans des projets coopératifs (jardinage, marché de connaissances, rencontre et création théâtrale…).

Quel est pour toi l’intérêt de mettre en place une classe coopérative ?
Je n’ai pas commencé en classe coopérative. J’y suis venu peu à peu en mettant en place « Quoi de neuf ? », conseils de classe et autres petites activités. Puis j’ai ressenti le besoin de remettre en question ma pratique, d’enseigner différemment, de mettre l’enfant au coeur de sa classe. Le bien-être doit être le terreau de la classe. On apprend mieux quand on se sent bien. La coopération et l’entraide y contribuent. Mais ce n’est pas chose aisée ! L’enseignant est là pour guider, rassurer, encourager, redynamiser. Il est plus présent pour les élèves qui en ont besoin. S’ouvrir vers l’extérieur, communiquer permet aux parents de comprendre notre fonctionnement. Une classe coopérative est une ruche qui travaille de manière surprenante ! Les élèves nous emmènent très loin dans leurs projets.

* consiste en un moment de paroles libres, auquel les enfants s’inscrivent souvent à l’avance. La parole y circule avec certaines règles pour permettre l’écoute des questions et réponses.

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