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Une revalo : oui mais pas pour de faux !

mardi 18 février 2020
Mis à jour le lundi 24 février 2020

Sous la pression des mobilisations enseignantes depuis le 5 décembre dernier et de l’opinion publique, le gouvernement a dû reconnaître que les enseignant·es seraient les grand·es perdant·es de la réforme. C’est pourquoi il a inscrit dans le projet de loi un engagement à garantir le niveau des pensions des enseignant·es, mais le Conseil d’État l’a jugé contraire à la Constitution.

Le ministère de l’Éducation nationale a donc proposé dans l’urgence un cycle de réunions avec les organisations syndicales avec le double objectif annoncé de rattraper le déclassement salarial et de compenser les pertes prévisibles sur les pensions.
Au regard des propositions faites lors des quatre premières réunions, on a du mal à voir comment le gouvernement compte atteindre son objectif.

Le déclassement salarial

Pourtant classé·es en catégorie A, les enseignantes et les enseignants perçoivent des rémunérations très inférieures à celles des cadres de la Fonction publique et du secteur privé. En raison d’indemnités qui constituent plus de 30% de leur rémunération, certains agents classés en catégorie B ont une rémunération moyenne supérieure à celle des PE.

Ce déclassement est également vrai dans les comparaisons internationales. Selon le Regard sur l’éducation 2019, après 15 ans d’exercice, en 2018, avec 2 899 € brut mensuel, le salaire des PE se situait 37 % en dessous de la moyenne de leurs homologues des onze pays comparables ayant un meilleur système éducatif.

Pour combler ce déclassement salarial, l’étude menée par le SNUipp-FSU indique que, pour rattraper la moyenne européenne, il est nécessaire que le début de carrière se situe au niveau du 6ème échelon actuel.

10 milliards, vraiment ?

Ces 10 milliards sont remis en question. Seule mesure concrète à ce jour, un budget de 500 millions d’euros pour 2021, que le ministre souhaite répartir entre une « prime d’attractivité », l’amélioration de l’accès à la hors classe, le paiement d’heures de formation continue pendant les vacances, parfois obligatoires et d’heures supplémentaires pour le 2nd degré. Au final, seuls 200 millions seraient alloués à la pseudo revalorisation, uniquement sous forme d’indemnités et ils ne concerneraient que les débuts de carrière. S’il est indispensable de revaloriser l’entrée dans le métier, il est tout aussi légitime que la revalorisation concerne tou·tes les enseignant·es. Par ailleurs, l’amélioration de « l’attractivité » du métier passe aussi par celle des conditions de travail et d’exercice en donnant aux enseignant·es les moyens et le cadre pour bien faire leur métier sans aucune contrepartie supplémentaire.

Une revalo en compensation de la réforme ?

Le ministre associe les discussions salariales à la réforme largement rejetée des retraites et les envisage uniquement sous l’angle d’une simple compensation, au demeurant insuffisante en regard des pertes annoncées. Mais pour le SNUipp-FSU, la revalorisation doit être déconnectée du dossier des retraites. De plus, il s’oppose à toute contrepartie et réclame le maintien du pouvoir d’achat en augmentant fortement la valeur du point d’indice : le traitement brut de base des agent·es de la fonction publique est calculé en fonction de leur grade et de leur échelon qui leur donnent un certain nombre de points à multiplier par la valeur du point d’indice (4,686€ depuis le 01/02/17).

Le SNUipp-FSU revendique une réelle revalorisation des rémunérations sans contrepartie pour enrayer le déclassement salarial de tous et toutes les enseignant·es. Cela passe par un rehaussement significatif des grilles de salaires avec un début de carrière au niveau du 6ème échelon de la classe normale, le dégel du point d’indice dans la Fonction publique et la fin des inégalités salariales entre les femmes et les hommes.
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