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3 questions à Nathalie Bonneton sur l’ASH

lundi 11 avril 2022
Mis à jour le mercredi 6 avril 2022

Le SNUipp-FSU a posé 3 questions à Nathalie Bonneton, maîtresse de conférences en psychologie du développement et directrice adjointe à la recherche de l’INSPE de Bretagne

Qu’est-ce qu’enseigner en ASH ?

Pour moi, c’est d’abord incarner des valeurs telle que l’égalité, c’est la volonté d’agir dans une société inclusive. Pour cela, il est nécessaire d’être soi-même convaincu·e qu’une telle société peut exister même si le processus est loin d’être terminé.
Du côté de la classe, il s’agit d’accepter de démarrer une nouvelle aventure qui ne sera pas sans obstacles ni difficultés mais qui permettra à nouveau de développer des compétences professionnelles.
Il y a une perception biaisée de l’enseignement spécialisé et du fait qu’il existerait une pédagogie du spécialisée ce n’est pas le cas enseigner dans l’ASH c’est avant tout être enseignant·e. La spécificité consiste notamment à développer des compétences sur l’identification des obstacles à l’apprentissage. Ces obstacles en ASH sont de différentes natures : didactiques, cognitifs, éducatifs, comportementaux.
Enfin, enseigner en ASH c’est la volonté et la certitude que faire progresser chacun·e est possible, il faut avoir de l’exigence, de la curiosité et innover.

Quelles seraient les essentiels pour débuter en ASH ?

Premièrement, il est primordial de lire les circulaires relatives à l’inclusion. Elles permettent de définir les attendus, régissent le fonctionnement et assoit notre autorité face aux partenaires.
Deuxièmement, il faut prendre le temps de questionner la notion d’accessibilité particulièrement éducative. Il est élémentaire d’installer un climat de travail sécurisant dans la classe et l’établissement pour permettre l’entrée dans l’apprentissage. Un enfant perpétuellement en mouvement, qui a des problèmes relationnels est un enfant pour qui les apprentissages ne sont pas accessibles le levier est donc éducatif.
Troisièmement, il faut s’outiller pour répondre à l’accessibilité pédagogique. Il n’existe pas de pédagogie spécialisée. Il s’agit donc de s’outiller sur les adaptations possibles dans les différentes disciplines et se construire des outils pour observer les obstacles aux apprentissages.
Enfin, il faut s’appuyer sur les partenaire et la co-éducation. Dans un premier temps en s’autorisant à être une personne ressource notamment pour les collègues des classe d’accueil en apportant un regard croisé sur l’enfant mais aussi une autre vision des obstacles et de l’adaptation de ce qui peut être fait avec cet enfant. Être ressource c’est prioriser et hiérarchiser les enjeux de la scolarisation des élèves à partir du projet personnalisé de scolarisation. Dans un second temps en identifiant des personnes ressources pour soi-même, des collègues de l’école, les CPC, l’IEN ASH. Il ne faut pas rester seul·e.

Quels seraient les écueils à éviter ?

Travailler seul·e est la première chose à éviter, il est indispensable de s’appuyer sur l’équipe, les partenaires et un réseau de professionnels. Ce seront des soutiens qui permettront de parler des difficultés. Savoir en parler, c’est identifier les obstacles et les lever.
Vouloir appliquer une méthode unique comme dans une classe ordinaire, il est impossible qu’une méthode convienne à l’ensemble du groupe. C’est le cas avec la lecture quand certain·e auront besoin de passer par le geste comme avec Borel-Maisonny d’autres dyspraxiques seront empêché·es.
Oublier de construire une culture commune à la classe. En effet, les enfants ont eu des parcours morcelés avec des expériences diverses. Poser des règles, les rendre explicites et connues des différents partenaires pour rendre lisible les attentes éducatives.
Ne pas prendre en compte les particularité ou trop individualiser. Dans ces deux situations le risque est l’épuisement. D’une part, face à un groupe qui ne rentrera pas dans les apprentissages, d’autre part, face à une classe où chaque élève aura sa séance. L’objectif est de penser l’organisation pédagogique avec des temps collectifs comme lors des consignes et de répondre aux spécificité de chacun·e avec des ateliers, tables de besoins.

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